L'insomnie associe des difficultés de sommeil et des répercussions pendant la journée. L'Institut national du sommeil et de la vigilance cite notamment la fatigue, le manque d'énergie, les difficultés d'attention et les perturbations de l'humeur. La plainte ne se décrit donc pas uniquement par un nombre d'heures dormies. [1]
Des conséquences dans plusieurs domaines
Les critères diagnostiques présentés dans les recommandations européennes de 2023 incluent les difficultés de concentration ou de mémoire, l'irritabilité et la diminution de l'énergie. Ils prennent également en compte les répercussions sur les activités sociales, familiales, professionnelles ou scolaires. Ces manifestations possibles ne constituent pas un parcours obligatoire : elles servent à décrire les difficultés associées au sommeil chez la personne évaluée. Le bilan examine à la fois les symptômes nocturnes, leurs conséquences et les possibilités réelles de dormir dans de bonnes conditions. [2]
Un bilan qui dépasse la durée de sommeil
La HAS recommande de préciser l'ancienneté, la fréquence et la sévérité de la plainte, ses répercussions diurnes et les traitements utilisés. L'évaluation repose sur l'entretien clinique et peut s'appuyer sur un agenda du sommeil. [3] Les recommandations européennes ajoutent la recherche d'autres troubles lorsqu'ils sont suspectés. Un enregistrement du sommeil n'est donc pas systématique pour toute insomnie ; il peut être indiqué pour explorer une autre affection du sommeil ou une insomnie résistante au traitement. [2]
Ce que les études évaluent en journée
Un essai randomisé publié par Espie et ses collègues a comparé une thérapie cognitivo-comportementale numérique de l'insomnie à une information sur l'hygiène du sommeil. Les participants étaient des adultes recrutés en ligne, rapportant des symptômes d'insomnie. Le groupe recevant la thérapie présentait une amélioration plus importante du bien-être psychologique, de la santé ressentie et de la qualité de vie liée au sommeil. Ces résultats portent sur des mesures déclarées par les participants. [4]
L'étude comporte des limites : les participants ne provenaient pas de services de soins, certains n'ont pas terminé le programme et plusieurs auteurs déclaraient des liens avec son éditeur commercial, qui finançait l'essai. Elle documente des bénéfices moyens dans ce contexte, sans garantir un résultat individuel ni un ordre précis de reprise des activités. [4]
Le suivi garde donc une place aux difficultés vécues pendant la journée, avec une réévaluation de la situation au fil de la prise en charge, comme le prévoit la synthèse de la HAS. [3]
Ce qu'il faut retenir
Le retentissement quotidien fait partie de l'évaluation de l'insomnie, avec les difficultés nocturnes. [1, 2] En cas de difficultés persistantes, consulter un professionnel de santé.
Sources
- [1] INSV, L'insomnie, sans date de mise à jour affichée, consulté le 30 octobre 2026.
- [2] Riemann et al., The European Insomnia Guideline: An update on the diagnosis and treatment of insomnia 2023, Journal of Sleep Research, 2023. DOI : 10.1111/jsr.14035.
- [3] HAS et SFTG, Prise en charge du patient adulte se plaignant d'insomnie en médecine générale, recommandations de décembre 2006, synthèse en ligne du 3 mai 2007.
- [4] Espie et al., Effect of Digital Cognitive Behavioral Therapy for Insomnia on Health, Psychological Well-being, and Sleep-Related Quality of Life: A Randomized Clinical Trial, 2019. DOI : 10.1001/jamapsychiatry.2018.2745.
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