Les recommandations sur la durée du sommeil et les essais de thérapie répondent à des questions différentes. Leurs résultats ne permettent pas de promettre un passage de cinq à sept heures selon un calendrier individuel prévisible. [1, 2]
Sept heures : un repère de santé
Le consensus de l'American Academy of Sleep Medicine et de la Sleep Research Society recommande au moins sept heures de sommeil régulières pour les adultes de 18 à 60 ans. Il précise que les besoins varient selon les personnes. Ce repère concerne la santé générale : il ne décrit ni une durée identique pour tous, ni le délai nécessaire pour atteindre cette durée après des difficultés de sommeil. [1]
Distinguer durée courte et insomnie
Les recommandations européennes définissent l'insomnie par des difficultés à dormir malgré une occasion suffisante de sommeil, avec des conséquences pendant la journée. Une durée courte, prise isolément, ne suffit donc pas au diagnostic. L'évaluation prend aussi en compte les horaires de travail, les autres troubles du sommeil et les conditions dans lesquelles les nuits se déroulent. [3]
Ce que les essais mesurent réellement
La méta-analyse de Trauer et ses collègues porte sur des adultes présentant une insomnie chronique, sans autre trouble médical, psychiatrique ou du sommeil associé dans les études retenues. Après une thérapie cognitive et comportementale, elle retrouve une réduction du temps d'endormissement et de l'éveil nocturne. L'augmentation moyenne du temps total de sommeil reste, elle, modeste et statistiquement incertaine immédiatement après le traitement. Ces résultats ne se transforment pas en promesse de deux heures supplémentaires pour chaque personne. [2]
Suivre plusieurs dimensions du sommeil
Selon l'Inserm, un agenda du sommeil aide à préciser la fréquence des difficultés, leur contexte et leurs conséquences. Le diagnostic repose surtout sur l'entretien médical. Cette évaluation considère aussi la fatigue, la concentration et le vécu des nuits : compter uniquement les heures ne décrit pas l'ensemble du trouble. Elle peut conduire à rechercher d'autres problèmes, comme des apnées du sommeil. [4]
Ce qu'il faut retenir
Les résultats des essais ne permettent pas de promettre deux heures supplémentaires selon un calendrier individuel. [2] En cas de difficultés persistantes, consulter un professionnel de santé.
Sources
- [1] Watson et al., AASM/SRS, Recommended Amount of Sleep for a Healthy Adult, 2015. DOI : 10.5664/jcsm.4758.
- [2] Trauer et al., Cognitive Behavioral Therapy for Chronic Insomnia: A Systematic Review and Meta-analysis, Annals of Internal Medicine, 2015. DOI : 10.7326/M14-2841 ; PMID : 26054060. Résumé consulté.
- [3] Riemann et al., The European Insomnia Guideline: An update on the diagnosis and treatment of insomnia 2023, Journal of Sleep Research, 2023. DOI : 10.1111/jsr.14035.
- [4] Inserm, Insomnie : un trouble neurobiologique et psychologique, mise à jour du 2 juillet 2024.
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