Quand quelqu'un dort mal, on regarde sa soirée. C'est logique, et c'est insuffisant. Le sommeil est commandé par deux systèmes : la pression de sommeil, qui s'accumule avec le temps d'éveil, et l'horloge interne, qui décide du moment où le corps accepte de dormir.
Cette horloge se règle principalement par la lumière. Une exposition franche à la lumière du matin avance l'horloge et solidifie la nuit suivante ; de la lumière vive tard le soir la retarde. C'est un mécanisme, pas un conseil de bien-être.
C'est pour cette raison qu'un même comportement n'a pas le même effet chez deux personnes. Une sieste de vingt minutes à 13 h ne coûte presque rien ; la même à 18 h vide la pression de sommeil accumulée et repousse l'endormissement.
Les horaires décalés rendent tout cela visible. Chez les travailleurs postés, ce n'est pas la volonté qui manque : on leur demande de dormir quand leur horloge dit d'être éveillé. La prise en charge consiste alors à ancrer ce qui peut l'être, à commencer par l'exposition à la lumière.
Regarder l'insomnie par les rythmes déplace la culpabilité. La personne ne dort pas mal parce qu'elle s'y prend mal le soir. Elle dort mal parce que son signal d'éveil et son signal de sommeil ne tombent pas au bon moment, et ça, ça se corrige.
Ce qui décide de votre nuit se passe surtout dans les seize heures qui la précèdent.
Contenu d'information relu par un professionnel de santé. Il ne remplace pas une consultation médicale et ne pose aucun diagnostic. Les médicaments évoqués sont soumis à prescription : la Fédération n'en propose et n'en vend aucun.