Je reçois régulièrement des patients qui se décrivent comme insomniaques depuis des années. Ils se réveillent plusieurs fois par nuit, dorment mal, se lèvent fatigués. Ils ont essayé des compléments, parfois des somnifères, sans résultat durable.
Chez une partie d'entre eux, l'examen retrouve un syndrome d'apnées du sommeil. Les micro-réveils ne viennent pas d'un cerveau qui s'active, mais d'une respiration qui s'interrompt et d'un organisme qui se réveille pour la reprendre.
La distinction compte, parce que la prise en charge n'a rien à voir. Un complément de mélatonine ne fait rien sur une apnée. Pire, s'il masque un peu la plainte, il retarde le diagnostic d'un trouble qui a des conséquences cardiovasculaires.
Les signes qui doivent alerter sont simples et se repèrent sans examen : un ronflement fort et régulier, des pauses respiratoires rapportées par l'entourage, une somnolence dans la journée, des maux de tête au réveil, une envie d'uriner plusieurs fois par nuit.
C'est la raison pour laquelle un questionnaire sérieux doit poser ces questions et écarter ces profils du parcours produit. Répondre honnêtement à ces questions-là, c'est ce qui protège le patient.
Ronflement fort, pauses respiratoires vues par l'entourage, sommeil non réparateur : ces trois signes doivent envoyer chez le médecin, pas en pharmacie.
Contenu d'information relu par un professionnel de santé. Il ne remplace pas une consultation médicale et ne pose aucun diagnostic. Les médicaments évoqués sont soumis à prescription : la Fédération n'en propose et n'en vend aucun.